Un peu d'histoire (forcément)

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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 09:35

Ô cher lecteur, l’émotion m’étreint en t’écrivant ces mots car ils sont mes derniers. Sèche donc tes larmes et pense plutôt à toutes ces pages que nous avons partagées toi et moi.

Demain, avec mes lourds bagages remplis de saucisses, je quitte les cieux fribourgeois pour retrouver la mère-patrie. Avant de retrouver le sud, je m’arrêterai cependant quelques jours à Lille, histoire de faire la transition en douceur au niveau de l’ensoleillement et de la bière…

J’aurais pu te raconter encore bien des choses, cher lecteur, si le temps m’en était donné.

J’aurais pu te raconter mon cours au Kepler Gymnasium avec des premières sur le fascisme dans l’entre-deux-guerres en France qui s’est très bien passé, même s’il était moins vivant et dynamique que celui sur mai 1968.

 

 

J’aurais pu te raconter mon vrai cours de français à l’allemande, où je devais superviser un travail de groupe de présentation de documents divers et variés, en remplacement de la directrice absente. Mais de toutes manières, ce dernier n’a pas eu lieu, car aujourd’hui –surprise- c’était la fête des terminales (Abistreich). Les « bacheliers » (Abiturienten) avaient bloqué les couloirs avec des chaises –mais de manière bien ordonnée s’il vous plaît – et les premiers cours de la journée étaient purement et simplement annulés. Au lieu de ça, les élèves étaient rassemblés dehors, et acclamaient bruyamment les professeurs, qui sur les injonctions légèrement alcoolisées de deux animatrices de terminale devaient se plier à des gages et autres jeux. Exemple : un slalom de chariots entre des files d’élèves, exemple : se couvrir la tête avec un préservatif. Le gage correctement rempli donnait droit au professeur à des acclamations chaleureuses et à une couronne en papier destinée à signaler sa gloire tout au long de la matinée…

J’aurais pu te raconter encore bien des choses sur la Staudingerschule, ses projets d’éducation à l’environnement et d’économie d’énergie, les rituels de salle des professeurs, et bien des choses sur son fonctionnement

 

J’aurais pu te narrer un peu l’histoire de Fribourg : ses révoltes populaires au Moyen-âge, le bon duc Berthold de Zahringen que tu admires ci-contre, les ennuis constants que lui causèrent Richelieu pendant la guerre de Trente Ans, Louis XIV et Napoléon bien entendu, sa destruction quasi-complète à la fin de la guerre à l’exception de la cathédrale (un miracle à n’en pas douter…).









J’aurais pu te donner quelques considérations linguistiques amusées, que te promettaient mon « manuel de savoir-vivre et de linguistique à l’usage des rustres français ». Et si tu sais à présent comment te comporter en vélo, au passage piéton et en Bavière (il suffit d’y boire de la bière et de rouler les r…), tu ne maîtrises sans doute pas assez les rudiments et les logiques de la langue de Goethe.



 

 

 

J’aurais pu te raconter le quartier écologique de Vauban, souvent cité jamais présenté. Je te conseille vraiment une simple recherche internet et tu trouveras des tonnes d’informations, photos, vidéos… fais donc preuve d’un peu d’autonomie, cher lecteur !








J’aurais pu te raconter la demi-finale Allemagne-Turquie, à la signification particulière sur plusieurs plans (pour la Turquie et pour l’Allemagne), que cédant aux sirènes de la communion nationale qui règne ici, je m’apprête à aller regarder sur grand écran. Je veillerai à ne pas me faire souiller de bière chaque fois que Schweini et Poldi, comme ils sont affectueusement surnommés ici, feront vibrer et s’agiter la foule, s’ils jouent comme contre le Portugal.



Mais non, tout ceci est terminé, et je te quitte pour de bon à présent, un peu le cœur gros, car ce qui était une obligation regardée dans un premier temps de l’œil circonspect du novice du 2.0, est devenu parfois un plaisir. J’espère que pour toi aussi, cher lecteur, c’était plutôt agréable.

Je te souhaite « tout bien » comme on dit ici quand on se sépare (Alles Gute)

Tschüsssssss

 

Par Guillhem Vidal
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 16:38



Il serait encore une fois de bon droit que tu te sois senti quelque peu oublié de ma plume alambiquée cher lecteur.
Je l’avoue, la fièvre footballistique et l’activité pédagogique m’ont plus joliment absorbé que je ne te l’avais fait pressentir.
Mais avec raison. D’abord, parce que les Allemands sont réellement un peuple footballistique, avec qui il est agréable de regarder un match ou un autre, et ce même quand l’Allemagne ne joue pas. Bien sûr, à la lumière des  récentes déconvenues des représentants tricolores, je ne me permets plus de tempérer l’enthousiasme germanique, d’ailleurs lui aussi légèrement émoussé mais encore confiant.

Ensuite et surtout, parce qu’après commun accord avec le professeur d’histoire-allemand de la 10°A, j’ai eu la mission volontaire de faire un cours en allemand sur mai 1968 en France, pour comparer avec les événements allemands de l’époque que sont en train d’étudier les élèves.
C’était hier, jeudi 12 juin, lors d’une séance de 45 minutes. Après m’être excusé par avance  pour mon allemand approximatif, je me lançai et résumai rapidement les événements à l’aide de mon très beau PowerPoint tout en allemand, corrigé par les soins attentionnés de mon colocataire.
Difficile sur un tel sujet de ne pas tomber dans la peinture facile et lyrique, souvent conforme aux représentations de la France à l’étranger, d’un peuple indiscipliné et révolutionnaire. Je ne m’attardais donc pas sur la célèbre photo de la Marianne de mai, qui appela plus de réactions des élèves que celle de Daniel Cohn-Bendit insolent face aux C.R.S. Je ne fus que peu surpris que les élèves ne connaissent pas ces images, un peu plus qu’ils ne connaissent pas le bonhomme, qui est après tout un personnage politique allemand autant que français…

Résumé rapidement ? Le choc des cultures scolaires aidant, il me fut néanmoins affirmé que j’avais beaucoup parlé. Certes, résumer les événements et faire saisir leur portée en 45 minutes réclamait de ma part un effort de concision passant par le récit. L’histoire, c’est aussi parfois raconter des histoires pourrait-on dire. Toujours est-il que les élèves, un peu plus timides qu’à leur habitude, ne me facilitaient pas la tâche pendant un temps, avant de sortir de leur réserve pour réagir à quelques célèbres slogans de mai, traduits par mes soins. Si certains s’y seraient bien vus, d’autres soulignaient qu’un graffiti tel que « la plus belle sculpture c’est le pavé de grès, le lourd pavé carré, le pavé que l’on balance dans la gueule des C.RS. », tout en n’étant pas étranger à une certaine poésie reflétait tout de même une situation violente… Il fut plus dur de discuter des aspects communistes, anarchistes, et de la différence entre une révolte et une révolution, mais la plupart des grandes idées sortirent de la bouche des élèves.
Toujours est-il que malgré cet aspect un peu magistral, le lendemain, poursuivant l’expérience à la demande du professeur, les élèves furent capables de ressortir l’essentiel du propos de la veille. Il s’agissait dans cette deuxième séance, menée en collaboration dans le cadre de l’amitié franco-allemande selon les propres termes du professeur, de mettre à jour les différences entre le mouvement de 1968 en Allemagne et en France. Les élèves donnaient leur sentiment, nuancé par le professeur du côté allemand ou par moi du côté français, et s’en tiraient même avec un travail de résumé pour la séance prochaine…


Voilà donc cher lecteur, des raisons me semblent-il valables pour mon silence cybernétique. Nous risquons encore d’en passer par là avant la fin toi et moi. Voilà que se profile à l’horizon un nouveau cours à faire en allemand et sur un sujet a priori moins proche des lycéens, à savoir le fascisme en France pendant l’entre-deux-guerres, mardi à une classe de 12° au flambant neuf Kepler Gymnasium.
Voilà que se profile à l’horizon de mon stage qui se rétrécit en approchant de sa fin, que je vois venir à moi le travail de rédaction de mon rapport de stage.
Voilà que se profile d’un côté comme de l'autre des heures gazonnées douloureuses et tendues.
Voilà que je te salue et te dis à bientôt.

Par Guillhem Vidal
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 18:06

Cher lecteur, toi aussi, chez toi, où que tu te trouves, tu dois sentir monter une fièvre particulière. Celle d’Etats-nations fiérots prêts à en découdre sur du gazon arrosé par la pluie austro-suisse.

Je veux bien sûr parler du championnat d’Europe des nations qui débute demain, à quelques kilomètres du lieu où je me trouve, puisque les premiers matchs se déroulent à Bâle.

Or, les Allemands sont un peuple que l’on pourrait qualifier de footballistique. Les médias suivent heure par heure l’entraînement de leur Mannschaft, et les multiples conférences du sélectionneur Löw sont diffusées en direct sur toutes les chaînes ou presque en même temps. Le Bild Zeitung, fidèle à sa réputation de torchon de caniveau offense les Polonais de déclarations bellicistes, ces derniers n’étant pas en reste à montrer dans leurs propres torchons de caniveau l’entraîneur polonais brandissant la tête de Löw et du célèbre capitaine allemand Ballack décapités, dans un photomontage du meilleur goût. On rappelle même la Seconde Guerre mondiale dans des micros-trottoirs médiatiques orientés, jetant de l’huile sur le feu.

Il faut te dire cher lecteur, que dans toute l’histoire du football, la Pologne n’a jamais battu l’Allemagne. Si elle réussissait l’exploit, elle aurait d’ores et déjà remporté son Euro.

Il faut te dire aussi cher lecteur, que l’Allemagne avait débuté son beau Mondial 2006 par une victoire contre la Pologne dans la douleur qui avait signé le début d’une belle aventure. Or les Allemands se verraient bien rééditer ce qu’ils nomment le Sommermärchen de 2006 (le conte d’été). Et les voilà qui fleurissent leurs grosses berlines de drapeaux de la Bundesrepublik, qu’on voit de plus en plus. La fièvre monte, et les conversations des élèves, de même que certains cours se tournent vers l’Autriche et la Suisse.

Heureusement, je suis là pour tempérer quelque peu l’enthousiasme allemand lorsqu’ils se rappellent du Mondial 2006. Je me suis vu forcé à plusieurs reprises de poser cette simple mais réaliste question : qui était en finale de la dernière Coupe du monde ? Pardon ? Oui la France, c’est ça. Qui a éliminé l’Espagne, le Brésil, le Portugal ? Qui a trébuché en fin de parcours contre l’Italie lors d’une mémorable finale à coups de boule tirés ?

Autres temps me diras-tu cher lecteur, autres dieux du stade à présent en retraite, autres débuts de compétition difficiles dans un groupe moins relevé que cette fois ci…

Mal sehen ! comme on dit ici… On verra bien ! En attendant, les Allemands qui ont adopté notre Ribéry national, et l’ont élu meilleur joueur de Bundesliga cette saison, commencent à se rendre compte qu’il n’est plus de leur côté, mais continuent à l’encenser.



Ici tu peux voir un article tiré d’une gazette sportive locale, orné d’un beau jeu de mot comme titre : la France se dit Frankreich en allemand. Je te laisse méditer sur la qualité du calembour, et sur la légendaire qualité littéraire des gazettes sportives (d’autant que reich veut aussi dire riche…)










Aussi pour ne pas me laisser emporter par la fièvre qui gagne le pays, de même que mon colocataire qui commence presque à trépigner d’impatience, alors qu’il n’est pas plus amateur de football que ça, je me suis dégoté du travail à faire.

C’est que lundi et mardi j’ai effectué une brève observation dans un autre établissement que la Staudingerschule, le Gymnasium Kepler. Lycée flambant neuf dans le quartier de Rieselfeld.

Là, je me suis rendu compte que la mauvaise réputation dont semble jouir la Staudingerschule ne se vérifie pas forcément dans les faits, n’ayant pas été si surpris par le niveau des élèves.

Là, j’ai trouvé une atmosphère de fin d’année, avec des élèves qui ont déjà passé l’écrit de l’Abitur et attendent les oraux d’un air ma foi assez décontracté, absentéisme et retards à l’appui.

Là, j’ai trouvé des professeurs sympathiques et une salle des professeurs bien plus vivante que celle de la Staudinger.

Là, il s’est avéré que le professeur d’histoire et français, Herr Bockel, était le fils d’Herr Bockel. Rien d’étonnant te dirais-tu de prime abord cher lecteur. Mais figure-toi qu’Herr Bockel senior était mon professeur d’allemand langue étrangère à l’université de Passau, lors de mon année Erasmus en Bavière, lorsque hier encore j’avais vingt ans, que je caressais le temps, et jouais de la vie, comme on joue de l’amour, et je vivais la nuit, sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps.

Tu te douteras que ce fol hasard a rendu le contact plus facile, et voilà que je me retrouve avec la mission volontaire de faire un cours en allemand à une classe de 12° sur les mouvements fascistes de l’entre-deux-guerres en France, pour une comparaison avec la République de Weimar qu’ils sont en train d’étudier.

Voilà de quoi m’occuper pour le moins. Mais ne va pas croire que cela signifie ton abandon. Pour t’en donner la preuve, tu trouveras de nouvelles pages sur le côté.

A bientôt et révise bien ta Marseillaise…

Par Guillhem Vidal
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 22:01

Cher lecteur, ce dimanche j’ai décidé de jouer au touriste chauvin et de visiter un coin de notre patrie, j’ai nommé la bien belle ville de Colmar. Tu pourrais m’opposer si tu n’étais guère attaché au principe d’indivisibilité de notre grande République, que l’Alsace a quelque chose de germanique. Certes, on peut entendre à Colmar des personnes âgées se parlant alsacien sur les bancs publics.




Mais pas de doute, le touriste du dimanche ne peut que se sentir à la maison devant de tels panneaux familiers…







 

 


Outre cette bouffée de patriotisme, c’était surtout l’occasion d’admirer les jolies rues colmariennes, toutes de colombages, et au cas où j’aurais douté d’être en Alsace, les cigognes étaient même là.

Comme dans toute ville touristique qui se respecte où coule un semblant de canal, on oublie vite son humilité et on se compare sans scrupules aux plus grandes, même si ici, un semblant de modestie règne encore. C’est seulement un pâté de maison qui est ainsi appelé la « petite Venise ». On préférera les rues et ruelles du quartier des Tanneurs.
















A Colmar, le musée Unterlinden vaut également le détour, et plus exactement un long détour vu la richesse du lieu. Dans cet ancien couvent, on peut en particulier admirer l’art médiéval gothique germanique. Cranach l’Ancien sera bien sûr de la partie avec sa « Mélancolie » qui renvoie le pauvre « Adam et Eve » du musée des Augustins de Fribourg aux oubliettes.





Le touriste du dimanche pourra aussi être saisi d’un frisson religieux en voyant l’imposant et fort beau retable d’Issenheim. Mais le musée Unterlinden a de multiples facettes. Le touriste du dimanche pourra à nouveau exercer son intellect à déchiffrer l’art contemporain, dans une salle garnie de Soulages, Léger, plusieurs Otto Dix et Picasso (mais oui…), ou dans la grande exposition consacré actuellement au multicolore et parfois fluo Hundertwasser, ami de l’environnement, de l’eau et du « droit de fenêtre » (chaque homme a le droit de s’exprimer artistiquement sur sa façade selon lui, ce qui n’est peut-être pas vu du même œil par la mairie responsable des colombages colmariens).


Si le touriste du dimanche n’est toujours pas rassasié, il pourra plonger dans les nombreuses salles de l’étage dans un bric à brac de trésor, armes, meubles anciens, vitraux et autre costumes traditionnels, enseignes médiévales, objets orientaux… Un désordre du en partie aux nombreux collectionneurs fantasques qui ont doté au fil des années le musée et dont on peut aussi apprendre l’histoire si le cœur en dit au touriste du dimanche.





Mais ce n’est toujours pas tout. Le touriste du dimanche pourra aussi admirer une collection archéologique plus qu’honnête qui le mènera du néolithique aux Romains via les Celtes et les Grecs.

Le touriste du dimanche ne prendra pas le petit train. Il est certes un touriste du dimanche, mais avec sa dignité.

Il ira plutôt voir d’un œil circonspect et dépité Spielberg faire vivoter mollement et sans flamme l’héritage Indianajonesque.

Le touriste du dimanche rentrera à Fribourg par bus, afin de revêtir ses habits de professeur pour l’observation le lendemain d’un Gymnasium allemand que sa décidément très serviable et efficace directrice lui a trouvé, afin d’élargir sa perspective sur le système scolaire allemand, sur lequel cher lecteur, du neuf vient de paraître.

Cher lecteur, il ne me reste qu’à prendre congé pour aujourd’hui, avec la tentation de t’embrasser car nous sommes après tout de plus en plus proches, mais ma raison s’y oppose encore.

 

Par Guillhem Vidal
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 18:38


 

Bien le bonjour cher lecteur. Depuis hier mercredi 28 mai, les élèves de Bade-Wurtemberg, leurs professeurs et moi donc, avons repris le chemin de l’école. Mais avant cela, j’étais parti pour quelques jours en Bavière, en compagnie de ma comparse locale de stage, afin de terminer en beauté ce congé immérité.

Aaaah la Bavière. T’ai-je déjà dit cher lecteur que les Bavarois étaient un peuple gai et amical ? Sinon clique ici.

La Bavière ! ses prairies, ses Alpes enneigées, ses lacs de montagne, ses villages colorés, son fond de l’air rural aux effluves de fumier frais, sa bière et son histoire chargées…

Un seul blog ne suffirait guère à faire le tour de la question, c’est pour te dire cher lecteur si ce modeste article n’en a pas la prétention. Je te proposerai donc un bref résumé de mes activités culturelles, afin de ne pas polluer la toile de mes considérations sur le nectar houblonné que l’on sert dans ses contrées et l’or blanc de ses saucisses…


Si la silhouette du château de Neuschwanstein ne t’est pas inconnue, cher lecteur, c’est qu’un obscur réalisateur américain anti-communiste passionné par les rongeurs s’en est inspiré pour une œuvre appelée La belle au bois dormant. Moins connu est son concepteur, le roi Louis II de Bavière (roi de 1864 à 1886), qui s’est distingué notamment par son mécénat de Wagner et le Moyen-âge idéalisé romantique qu’il tenta de recréer en particulier avec ce château.


 

Le visiteur sera charmé par l’aspect magique du lieu, son lac, ses montagnes. L’intérieur dégoulinant de dorures, de bois laqué et de peintures multicolores pourra le décevoir, d’autant plus si le visiteur se trouve pris au milieu d’un groupe de 40 personnes, accompagné d’une guide militariste qui mène la visite au pas de charge et se plaît à parler si fort dans des salles à la belle résonnance, que l’on ne pipe plus un mot de ce qu’elle raconte. Le visiteur pourra néanmoins ainsi apprécier la belle acoustique de la salle de concert du château.












Le visiteur se dira donc qu’il vaut mieux éviter la belle saison pour visiter le lieu.










Dans le château qui lui fait face, Hohenschwangau, le visiteur pourra plus apprendre sur l’histoire des Wittelsbach (la famille régnante bavaroise, celle de Louis II…), et ce grâce à une visite à l’aspect plus humain, malgré sa rapidité tout aussi rentabiliste et son insistance sur la richesse des objets présentés…









Le visiteur n’oubliera pas de faire un tour dans le mignon (c’est le mot qui convient le mieux) village de Füssen, à 4 kilomètres des châteaux.











 

 

A Munich, métropole allemande, le visiteur pourra se dire que la ville est moins mignonne, soumise aux affres des destructions de guerre puis à la modernité. Il pourra néanmoins être ravi par les intérieurs baroque et rococo des églises de la ville (sauf la cathédrale) sans réussir à les prendre en photo. Il se rendra compte que la ville possède des quartiers à l’ambiance différente mais souvent agréable.



Il pourra se familiariser avec la peinture flamande de l’époque moderne en particulier, mais aussi des artistes italiens, espagnols et français à la Vieille Pinacothèque (que l’on visite pour un euro le dimanche…). Il pourra apprécier les scènes religieuses de Breughel l’Ancien, les scènes de vie paysanne de Brouwer, les paysages de Ruisdael, les portraits de pauvres de Ribera, les couleurs d’un Botticelli, les vues de Venise de Canaletto et de Guardi. Il pourra même de son regard de novice être impressionné par la chasse au lion de Rubens, mais en secret, parce que ça ne fait pas très chic et de bon goût d’aimer ses corps grassouillets et ses compositions chargées (on peut en voir beaucoup à la Pinacothèque).

Le regard novice du visiteur sera encore plus pris à partie par la Pinacothèque moderne, où il pourra s’interroger sur l’art contemporain devant quelques Picasso, un Kandinsky, Klee, Ernst, Dali, et bien d’autres étranges peintures et sculptures souvent allemandes. Il pourra aussi admirer une collection impressionnante d’objets ayant marqué le design au XXème siècle, mais sans savoir si telle chaise ou tel fauteuil est confortable. Il sera déçu que la partie musée d’architecture, le plus important d’Allemagne, soit fermée.



Pour se remettre de toute cette modernité, il retournera au baroque allemand grâce au château de Nymphenburg, résidence d’été des Wittelsbach du XVIIème siècle (c’est là qu’est né Louis II). Il en apprendra plus sur Maximilien-Emmanuel, célèbre vainqueur de multiples Ottomans et de multiples femmes devant l’éternel, et admirera la « galerie de beauté » du roi Louis I qui collectionnait les portraits de belles dames au XIXème, dont chacune a une histoire particulière. Le visiteur en apprendra avec plaisir quelques unes, comme celle de Lola Montez par exemple. Il pourra se perdre dans le parc immense s’il en a le temps.

Enfin, dépité que le camp de Dachau soit fermé le lundi, même s’il l’a déjà visité naguère, le visiteur fera une dernière étape bavaroise à Augsbourg, dans laquelle il admirera la « crypte » carolingienne de sa cathédrale, se questionnera sur la discrétion envers la Réforme dans la ville de fondation officielle du protestantisme dont fait preuve l’offre touristique locale dans cette Bavière très catholique, mais c’est sans doute parce que le visiteur fait là preuve d’une mauvaise foi anticléricale.

Il pourra aussi faire un tour dans la Fuggerei, cité sociale fondée par Jakob Fugger, qui peut-être tourmenté par son salut à force de prêter de l’argent aux papes et à Charles Quint entre autres, a offert des logements aux ouvriers pauvres de son temps en échange de trois prières par jour. Le visiteur sera surpris de voir que ces logements sociaux créés en 1521 sont encore habités aujourd’hui, toujours pour le modique loyer d’une pièce de l’époque par an (environ 88 centimes d'euro) et trois prières par jour pour M. Fugger !

 

Le visiteur harassé, mais bien plus cultivé qu’il y a cinq jours, retrouvera avec plaisir la charmante Fribourg, non sans une pointe d’amertume envers la bière bavaroise…

Par Guillhem Vidal
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 19:23

?

Par Guillhem Vidal
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 13:51

Cher lecteur, fidèle à ma promesse de régularité éditoriale, tu trouveras sur le côté deux nouvelles rubriques, destinées à parfaire ta culture.
D'abord, un peu d'histoire...forcément.
Ensuite, un petit manuel de savoir-vivre et de linguistique germanique à l'usage des rustres Français. Dans cette rubrique, cher lecteur, tu seras énervé des clichés que j'y développe. Sache seulement qu'elle n'a pour but de te détendre un peu de mes considérations parfois ennuyeuses. Et que je reste malgré tout un défenseur fidèle de l'amitié franco-allemande.
Viel Spaß!

Par Guillhem Vidal
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 17:50

Parfois je ne t'écris pas assez cher lecteur, et parfois je t'écris trop... Il y a beaucoup de neuf dans les pages système scolaire...

Pour te reposer un peu de ma plume ampoulée, je te laisse jouir de quelques photos de la Forêt Noire: ses prairies, ses lacs, et sa neige(!).



















Par Guillhem Vidal
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 19:53

Pour éviter un trop lourd trajet routier à ma dulcinée, venue me voir à Fribourg, qui n’a pas de congé immérité et se livre elle à d’astreignantes activités professionnelles à Toulouse, je décidai de la conduire jusqu’à moitié chemin et de repartir ensuite dans l’autre sens.

Montceau-les-Mines s’avéra être le point central du trajet, en tout cas, le point où je pouvais attraper un train pour faire demi-tour.


Aaaah Montceau ! Comme tu peux le voir cher lecteur, on ne pouvait trouver plus romantique pour se donner congé. Ses rues riantes et animées, sa vue perpétuelle sur la centrale, sa population qui respire la joie de vivre… Toute cette atmosphère trop positive aurait du me faire sentir que la journée allait mal se passer.

En effet, j’avais pour trajet Montceau-Dijon. De là, un train devait m’emmener à Belfort où j’avais 5 minutes pour en attraper un autre vers Mulhouse. Arrivé à Mulhouse, j’avais 5 minutes pour attraper un bus allemand qui partait vers Fribourg. Tout était calibré à merveille comme tu le vois. C’était sans compter sur la SNCF. Bien sûr, à la vue de ses correspondances serrées, un frisson m’avait parcouru brièvement. Non… je n’osais pas douter de la qualité du service de notre bien aimée SNCF, attaché que je suis à tout ce qui a une gueule de service public.

Hélas. A Dijon régnait la plus totale anarchie. Les trains étaient annoncés sur une autre voie deux minutes avant leur départ, les retards se multipliaient dans tous les sens. Les passagers commençaient à s’agglutiner sur les quais et à pratiquer leur sport favori en de telles occasions, à savoir le ronchonnement aigre et le passage de nerfs sur le personnel environnant. Il ne faisait pas bon travailler à la gare de Dijon ce jour là, encore moins si l’on prend en compte les bons 28° bien lourds qui se faisaient sentir. Seul ilot d’espoir au milieu du grand tableau qui faisait grogner les gens, mon train n° 94125 semblait épargné par le foutoir ferroviaire.

Hélas. En montant à bord, il ne fallut pas longtemps pour comprendre aux grognements moites de la foule des passagers que la climatisation ne fonctionnait pas, et que ça n’augurait rien de bon sur la machine qui devait nous tirer jusqu’à Belfort. En effet, 5 minutes de retard furent bientôt annoncées. Un contrôleur nous pria avec insistance d’aller prendre l’air frais. Là, on encaissait sans doute mieux les 5 minutes qui passaient à 10 puis à 20. Finalement, le train partit avec 40 minutes de retard. Autant dire que je voyais mes correspondances s’envoler.

 

A Belfort, la SNCF affréta un taxi. Je partis donc vers Mulhouse par la route, coincé dans un Espace entre 5 Suisses et une Mulhousienne. Il va sans dire que j’étais plutôt déconfit. L’heure tournait et j’étais obligé d’écouter RTL commenter avec passion la Ligue1. De plus, la conduite nerveuse de la conductrice me faisait regretter la sûreté du rail, d’autant qu’elle essayait en même temps de parler à des Suisses tout en commentant avec passion RTL commentant avec passion la Ligue1.

Nous arrivâmes à Mulhouse à 20 heures 45, soit un peu plus d’une heure après le départ de mon bus. T’ai-je dit au fait cher lecteur que ce bus était le dernier de la journée vers Fribourg ? En plus de l’avoir raté, le dernier train de la SNCF qui desservait Fribourg était lui aussi parti.

Je passais donc dans les coulisses de la gare, à savoir dans le bureau du chef d’escale. Ce dernier, efficace mais froid comme un bureaucrate me donna la solution : un train pour Bâle (Suisse) puis de là un train pour Fribourg. Arrivée : 00h20, prix : environ 23 euros. T’ai-je dit cher lecteur, que le bus me coûtait la modique somme de 3 euros 90 et qu’il arrivait à 20h45 à Fribourg ?

Le tout était naturellement à mes frais, puisque la SNCF n’était plus responsable à partir de Mulhouse de l’acheminement de ma personne en Allemagne. Voilà l’argument que je craignais d’entendre depuis Dijon. J’avais beau faire remarquer que c’était la SNCF qui était la seule responsable pour m’avoir fait rater le bus, et invoquer en mon for intérieur toute la noblesse et le souffle de la construction européenne et de l’amitié franco-allemande, rien n’y faisait. Le bureaucrate me renvoyait impitoyablement au service clientèle. Je cherchai aussi en mon for intérieur des bribes de droit administratif, étudié naguère avec désinvolture, afin de faire éclater la responsabilité de la compagnie. Las… Vaincu… J’attendais sur le quai mon train suisse, ultra-ponctuel.


Me voici à Bâle. Il est 22 heures. Un train part vers Fribourg vers les 23 heures 30. C’est un ICE (un TGV allemand), il va donc être plus cher qu’un train normal. Il y aurait bien un train plus conventionnel, mais il est 45 minutes plus tard et dans une autre gare de Bâle.

T’ai-je dit cher lecteur, qu’à Montceau-les-Mines j’ai réglé certaines affaires financières et que ma carte a une limite hebdomadaire de retrait, héritage ennuyeux d’un passé lointain. Et que donc, à cette heure-ci à Bâle, je ne suis pas sûr de pouvoir me procurer un billet.

Soudain, voici qu’un autre écueil apparaît. Tout est fermé dans la gare, sauf la restauration. Confiant en la technologie moderne, je me dirige vers les automates distributeurs de titres de transport et commande un billet pour Fribourg. Oui mais voilà, il y a un Fribourg en Suisse, et l’automate ne connaît que celui-là. Déçu par la technologie moderne, je demande de l’aide aux Suisses environnants. Ils sont tous très gentils et me font fort bonne impression sur leur pays que j’expérimente pour la première fois. Malheureusement, même avec eux la technologie moderne est ce qu’elle est et ne veut vendre un ticket que pour Fribourg en Suisse.

Après un quart d’heure d’errance, je tombe enfin sur un employé du rail qui me donne la solution. Simple comme bonjour ! Il suffit de demander un ticket directement dans le train.

Mais bien sûr… Pourquoi n’y ai-je pas pensé ?

T’ai-je dit cher lecteur que je commence à fatiguer, que je suis debout depuis 6 heures du matin, que j’ai conduit cinq heures dans la matinée et pris deux trains sans climatisation ? T’ai-je dit que j’ai faim ?

Pas de problème… La gare (assez énorme) regorge d’échoppes en tout genre.

T’ai-je dit cher lecteur que je suis en Suisse ? Es-tu au courant que la Suisse ne fait pas partie de l’Union Européenne ? Sais-tu que la monnaie de la Suisse est le franc suisse ?

Misère, aucun sandwich n’étant à portée d’euros, et la technologie moderne ne m’inspirant plus (il y a des automates de change mais je dois garder mes euros pour le train allemand…), j’attends. Ce n’est pas la première fois de la journée…

L’ICE arrive. La contrôleuse est gentille. Je sens enfin la notion de frontière en montrant mon passeport aux douaniers qui patrouillent le train.

00h20. Je suis à Fribourg. J’ai voyagé dans trois pays, testé trois compagnies ferroviaires, entendu trois langues (français, allemand et périphrasé bureaucratique). Je vais me coucher.

Bonne nuit.

Par Guillhem Vidal
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:32

A l’occasion de ce congé non mérité qui me tombe opportunément dessus, nous nous sommes rencontrés ma dulcinée et moi, à un point central entre Toulouse et Fribourg, à savoir Lyon. Outre la joie de se revoir, c’était l’occasion de visiter rapidement une ville inconnue.
En voici quelques vues…

Comme tu peux le constater, cher lecteur, certains coins de Lyon sont fort beaux et agréables, tout particulièrement le Vieux Lyon, avec ses rues pavées, son ambiance sudiste, ses traboules. Une traboule, c’est un passage couvert à travers un îlot, en vieille pierre fraiche. Le promeneur peut y échapper un instant à la chaleur qui régnait ce jour là.

 

 

 

 

Bien entendu, le visiteur fera le passage obligé par les collines de Fourvière, sur lesquelles il grimpera par le traditionnel funiculaire, et ce afin de jouir d’un vaste panorama sur la ville. Le point de vue pourra être furtivement pris en photographie, afin de se dispenser d’un trop long séjour dans la masse des touristes agglutinés sur le parapet. Egalement car la vue est somme toute peu bouleversante. Et toujours au loin, phare du promeneur désorienté, l’immeuble du Crédit Lyonnais, misère architecturale bien seule dominant le quartier des affaires de la Part-Dieu.

La basilique de Notre Dame de Fourvière, si elle présente un intérêt historique grâce à de bonnes explications des œuvres qui en décorent l’intérieur, pourra décevoir par son style XIXème siècle, à savoir surchargé de dorures, de sculptures, de mosaïques en tout genre. On aime ou on n’aime pas…
Quelque soit ton sentiment, l'Eglise t'invitera subtilement à la générosité, sans doute afin de payer des forfaits de téléphone portable à ses dignes représentants.





On pourra à Fourvière se promener dans des ruines gallo-romaines (un théâtre, un odéon, les restes d’une rue…). Souviens-toi lecteur que Lugdunum était la capitale des Gaules.



Bien plus agréable sera la redescente vers le Vieux Lyon par des jardins ombragés et des escaliers frais.






On pourra aussi se promener sur les quais aménagés du Rhône, le long desquels flottent des péniches, paraît-il animées le soir.










On n’oubliera pas cependant malgré le bel aspect du fleuve, que le couloir de la chimie n’est pas loin, et que la pollution ça ne se voit pas toujours…





Le centre, la presqu’île entre Rhône et Saône, a quelque chose de plus haussmannien, pas forcément désagréable mais moins charmant que le Vieux Lyon. Centre commerçant et culturel (l’opéra vaudra un détour surtout si des danseurs de hip-hop s’exercent sous ses arches), sa place centrale est paraît-il la plus grande d’Europe. Elle aura eu pour seul intérêt d’y croiser l’exercice de la boule lyonnaise, à l’occasion du grand tournoi de la Pentecôte. Où l’on s’aperçoit de l’aspect légèrement plus sportif du jeu par rapport à la pétanque. Ainsi, le bouliste lyonnais exerce sur des longueurs plus grandes, et doit courir un peu avant de projeter sa boule (plus grosse qu’une boule classique de pétanque) assez haut dans les airs. Ainsi, le bouliste lyonnais a une silhouette abdominale qui peut différer de celle que l’on peut en général observer chez les boulistes indigènes des villages du sud…

En résumé, cher lecteur, si Lyon ne délivre sans doute pas tout son charme en un jour, elle semble agréable à vivre, et les gens plutôt détendus le font aussi penser.

Par Guillhem Vidal
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