Partager l'article ! Cinq jours en Bavière: Bien le bonjour cher lecteur. Depuis hier mercredi 28 mai, les élèves de Bade-Wurtemberg, l ...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Bien le bonjour cher lecteur. Depuis hier mercredi 28 mai, les élèves de Bade-Wurtemberg, leurs professeurs et moi donc, avons repris le chemin de l’école. Mais avant cela, j’étais parti pour quelques jours en Bavière, en compagnie de ma comparse locale de stage, afin de terminer en beauté ce congé immérité.
Aaaah la Bavière. T’ai-je déjà dit cher lecteur que les Bavarois étaient un peuple gai et amical ? Sinon clique ici.
La Bavière ! ses prairies, ses Alpes enneigées, ses lacs de montagne, ses villages colorés, son fond de l’air rural aux effluves de fumier frais, sa bière et son histoire chargées…
Un seul blog ne suffirait guère à faire le tour de la question, c’est pour te dire cher lecteur si ce modeste article n’en a pas la
prétention. Je te proposerai donc un bref résumé de mes activités culturelles, afin de ne pas polluer la toile de mes considérations sur le nectar houblonné que l’on sert dans ses contrées et
l’or blanc de ses saucisses…
Si la silhouette du château de Neuschwanstein ne t’est pas inconnue, cher lecteur, c’est qu’un obscur réalisateur américain anti-communiste
passionné par les rongeurs s’en est inspiré pour une œuvre appelée La belle au bois dormant. Moins connu est son concepteur, le roi Louis II de Bavière (roi de 1864 à 1886), qui s’est distingué
notamment par son mécénat de Wagner et le Moyen-âge idéalisé romantique qu’il tenta de recréer en particulier avec ce château.
Le visiteur sera charmé par l’aspect magique du lieu, son lac, ses montagnes. L’intérieur dégoulinant de dorures, de bois laqué et de peintures
multicolores pourra le décevoir, d’autant plus si le visiteur se trouve pris au milieu d’un groupe de 40 personnes, accompagné d’une guide militariste qui mène la visite au pas de charge et se
plaît à parler si fort dans des salles à la belle résonnance, que l’on ne pipe plus un mot de ce qu’elle raconte. Le visiteur pourra néanmoins ainsi apprécier la belle acoustique de la salle de
concert du château.
Le visiteur se dira donc qu’il vaut mieux éviter la belle saison pour visiter le lieu.
Dans le château qui lui fait face, Hohenschwangau, le visiteur pourra plus apprendre sur l’histoire des Wittelsbach (la famille régnante
bavaroise, celle de Louis II…), et ce grâce à une visite à l’aspect plus humain, malgré sa rapidité tout aussi rentabiliste et son insistance sur la richesse des objets présentés…
Le
visiteur n’oubliera pas de faire un tour dans le mignon (c’est le mot qui convient le mieux) village de Füssen, à 4 kilomètres des châteaux.
A Munich, métropole allemande, le visiteur pourra se dire que la ville est moins mignonne, soumise aux affres des destructions de guerre puis à la modernité. Il pourra néanmoins être ravi par les intérieurs baroque et rococo des églises de la ville (sauf la cathédrale) sans réussir à les prendre en photo. Il se rendra compte que la ville possède des quartiers à l’ambiance différente mais souvent agréable.
Il pourra se familiariser avec la peinture flamande de l’époque moderne en particulier, mais aussi des artistes italiens, espagnols et français à la Vieille Pinacothèque (que l’on visite pour un euro le dimanche…). Il pourra apprécier les scènes religieuses de Breughel l’Ancien, les scènes de vie paysanne de Brouwer, les paysages de Ruisdael, les portraits de pauvres de Ribera, les couleurs d’un Botticelli, les vues de Venise de Canaletto et de Guardi. Il pourra même de son regard de novice être impressionné par la chasse au lion de Rubens, mais en secret, parce que ça ne fait pas très chic et de bon goût d’aimer ses corps grassouillets et ses compositions chargées (on peut en voir beaucoup à la Pinacothèque).
Le regard novice du visiteur sera encore plus pris à partie par la Pinacothèque moderne, où il pourra s’interroger sur l’art contemporain devant quelques Picasso, un Kandinsky, Klee, Ernst, Dali, et bien d’autres étranges peintures et sculptures souvent allemandes. Il pourra aussi admirer une collection impressionnante d’objets ayant marqué le design au XXème siècle, mais sans savoir si telle chaise ou tel fauteuil est confortable. Il sera déçu que la partie musée d’architecture, le plus important d’Allemagne, soit fermée.
Pour se remettre de toute cette modernité, il retournera au baroque allemand grâce au château de Nymphenburg, résidence d’été des Wittelsbach du XVIIème siècle (c’est là qu’est né Louis II). Il en apprendra plus sur Maximilien-Emmanuel, célèbre vainqueur de multiples Ottomans et de multiples femmes devant l’éternel, et admirera la « galerie de beauté » du roi Louis I qui collectionnait les portraits de belles dames au XIXème, dont chacune a une histoire particulière. Le visiteur en apprendra avec plaisir quelques unes, comme celle de Lola Montez par exemple. Il pourra se perdre dans le parc immense s’il en a le temps.
Enfin, dépité que le camp de Dachau soit fermé le lundi, même s’il l’a déjà visité naguère, le visiteur fera une dernière étape bavaroise à
Augsbourg, dans laquelle il admirera la « crypte » carolingienne de sa cathédrale, se questionnera sur la discrétion envers la Réforme dans la ville de fondation officielle du
protestantisme dont fait preuve l’offre touristique locale dans cette Bavière très catholique, mais c’est sans doute parce que le visiteur fait là preuve d’une mauvaise foi anticléricale.
Il pourra aussi faire un tour dans la Fuggerei, cité sociale fondée par Jakob
Fugger, qui peut-être tourmenté par son salut à force de prêter de l’argent aux papes et à Charles Quint entre autres, a offert des logements aux ouvriers pauvres de son temps en échange de trois
prières par jour. Le visiteur sera surpris de voir que ces logements sociaux créés en 1521 sont encore habités aujourd’hui, toujours pour le modique loyer d’une pièce de l’époque par an
(environ 88 centimes d'euro) et trois prières par jour pour M. Fugger !
Le visiteur harassé, mais bien plus cultivé qu’il y a cinq jours, retrouvera avec plaisir la charmante Fribourg, non sans une pointe d’amertume envers la bière bavaroise…